• ÉMISSIONS
  • PODCASTS
  • OPINIONS
  • CONTACTS
Le Monde Moderne
  • Culture
  • Écologie
  • Économie
  • France
  • Politique
No Result
View All Result
  • Culture
  • Écologie
  • Économie
  • France
  • Politique
No Result
View All Result
Le Monde Moderne
No Result
View All Result

La guerre du plastique

par Eva Morletto
8 juin 2019
dans Écologie, Opinion
6 min read
80
PARTAGES
381
VUES
Partager sur FacebookPartager sur Twitter

Le plastique c’est de moins en moins fantastique. 

Depuis que la Chine, en janvier de l’année passée, a décidé de dire stop aux déchets plastiques envoyés par l’occident, le rôle était passé au pays de l’Asie du Sud-Est, déjà forts consommateurs en plastique eux mêmes, de se charger du recyclage de nos déchets, aux grand damn de l’environnement local. 

Plages paradisiaques thaïlandaises transformées en décharges, lagunes tropicales indonésiennes où bouteilles et sachets flottants ont pris la place des poissons, villages malaysiens noyés dans les fumées noires et toxiques des centres de recyclage construits à la va-vite: tel était donc le tableau aux couleurs sombres, le nouveau portrait de Mister Hyde caché aux tropiques. 

Mais, voilà, face à cette escalade catastrophique, la Malaisie a dit non et les autres pays de la région commencent à relever la tête face aux hypocrites docteurs Jekylleuropéens et américains qui pensaient simplifier l’affaire en envoyant leurs poubelles toxiques à l’autre bout du monde. 

Après la Chine, l’Asie du Sud-Est non plus, ne veut pas devenir la décharge de la planète. 

Les gouvernements devront enfin envisager des solutions durables, sans délai, pour contenir ce fléau. 

A ce jour, la Malaisie est envahie par des implantations d’usines de recyclagesillégales, poussées comme des champignons dans tout le pays. Face à la discrètemanne économique représentée par l’envoi des déchets occidentaux – les terrains loués par les décharges sont dix fois plus rentables par rapport aux champs agricoles – ces usines se sont multipliées rapidement, bien souvent sans licence, et ont adopté des méthodes peu regardantes face à l’environnement: les déchets sont  brûlés -les feux libèrent ainsi des substances toxiques pour les organismes – ou enterrés, en menaçant ainsi les nappes phréatiques. 

La petite ville de Jenjarom, littéralement recouverte de déchets,  est devenue malgré elle  le symbole de ce désastre. 

À Jenjarom, les ordures sont brûlées et les fumées dégagées contiennent des poisons qui provoquent des dégâts souvent irréversibles sur la santé: cancers, atteintes neurologiques, asthmes et maladies pulmonaires. 

Une soixantaine de containers vient ainsi d’être renvoyé en occident suite aux décisions du gouvernement malais. Selon le Ministre de l’Environnement local, Yeo Ben Yin, ces déchets avaient été introduits illégalement dans le pays. 

Malheureusement, plusieurs pays occidentaux s’adonnent à cette pratique. On peut citer parmi eux la France, l’Espagne, l’Australie, le Royaume Uni, les Etats-Unis et le Canada. 

Les Philippines semblent tentés de suivre l’exemple de la Malaisie: le président Rodrigo Duterte menace de couper les rapport diplomatiques avec le Canada si celui ci ne veille pas à l’exportation illégale de déchets vers les pays en développement. 

Au fléau des déchets venus d’occident, s’ajoute le fait que l’Asie elle même consomme énormément de plastique. Dix pays membres de l’Asean, (Association Nations Asie du Sud-Est) consommaient en 2017 à eux seuls 25 millions de tonnes de plastique. La Thaïlande est une des nations qui consomment le plus de sachets plastiques au monde. Cinq pays asiatiques (Chine, Indonésie, Philippines, Vietnam et Thaïlande) sont responsables de 60% des déchets plastiques dans les océans selon l’ONG américaine Ocean Conservancy. 

La Chine reste quant à elle championne d’un triste record: 8,2 millions de tonnes de déchets plastiques jetés à la mer chaque année. 

Dans le monde, selon un récent rapport de WWF, 396 millions de tonnes de plastiques sont produits et cent millions rejetés dans la nature. Le volume du plastique dans la mer pourrait être ainsi supérieur à celui des poissons à partir de 2050.

Des chiffres qui donnent le tournis…

Pourtant des solutions existent. 

Dans son article « Enfant du plastique, j’ai décidé de me sevrer », paru sur le site Reporterre, le journaliste Alexandre Reza Kokabi affiche une liste de magasin Zero Déchets où s’approvisionner en produits sans emballage plastique, à Paris et dans les autres villes françaises. 

Si les lobbys industriels ont transformé la planète en un immense marché, la seule résistance possible est celle de jouer de façon responsable notre rôle de consommateurs. Faire les courses c’est certainement moins glamour que défiler en manifestation  par milliers, mais c’est bien là, le nerf de la guerre. 

La ville de Bundanoon en Australie, a réussi son pari en se libérant définitivement des bouteilles d’eau en plastique. Une victoire et un exemple à suivre si on considère qu’on vend un million de bouteilles en plastique dans le monde chaque minute! 

Cette petite ville à une centaine de kilomètres de Sidney a vu sa source d’eau douce convoitée par une importante société productrice de sodas. 

L’idée était celle de privatiser la source, d’embouteiller l’eau à Sidney et… de la revendre en bouteille aux habitants de Bundanoon! Ce procédé (privatiser les sources,  mettre l’eau en bouteille ailleurs et finalement revendre la même eau au prix d’or aux locaux) caractérise la démarche de la plupart de multinationales de boissons, tel Nestlé ou Coca-Cola.

Les citoyens se sont donc réunis pour dire non et ont poussé l’initiative plus loin, en interdisant complètement les bouteilles plastiques de leur ville, qui est devenue ainsi la première ville « plastic bottles free » au monde. 

Au final, ce n’était pas si difficile que ça: la mairie a installé plusieurs fontaines d’eau de source filtrée dans le centre-ville et des magasins ont permis à leurs clients de profiter de distributeurs d’eau gratuite. Chacun a acheté sa gourde et la mairie s’est chargée de distribuer des petites bouteilles en métal gratuites aux enfants de l’école primaire, de façon à les éduquer à consommer responsable. Le tour était joué. 

Plusieurs autres villes d’Australie essaient de suivre le même chemin. 

C’est bien différent du sort que doivent subir, à titre d’exemple mais on pourrait en citer des milliers, les habitants du Chiapas au Mexique, privés de leurs accès aux sources d’eau douce par le géant Coca Cola à cause de ses besoins faramineux en eau (Coca Cola utilise 75 milliards d’eau par jour pour la production du célèbre soda). Ici, l’eau est plus chère que le Coca, ce qui explique aussi le taux d’obésité élevé constaté dans cette région du Mexique et, bien évidemment, les tonnes de bouteilles en plastique abandonnées dans l’environnement. 

La même situation se vit aux iles Fidji: dans ce paradis tropical, le taux d’obésité est en constante augmentation et une multinationale d’eau en bouteille, Fiji Waters, devenue plus puissante que l’Etat lui-même, privatise les sources d’eau douce de manière à ce que les habitants se tournent vers les sodas moins chers…

Eliminer les bouteilles en plastique (et les déchets plastique en général) devient ainsi une lutte non seulement pour l’environnement, mais aussi pour une meilleure justice sociale et une meilleure santé.

Share32Tweet20
Previous Post

Plages de mémoire

Next Post

Aie confiance, crois en moi

Eva Morletto

Eva Morletto

Journaliste et reporter depuis 15 ans, Eva a été directrice éditoriale en Italie pour le magazine Life Club dédié à l’art de vivre. En 2006 elle est arrivée à Paris comme journaliste et news producer pour la chaine de télévision japonaise FUJI TV. Après plusieurs années, elle est devenue correspondante pour Radio Montecarlo et aujourd’hui elle collabore régulièrement avec l’ hebdomadaire italien Famiglia Cristiana et le magazine Marie Claire. En France elle collabore ponctuellement avec Radio France Culture, Radio France International et TV 5 Monde. Elle continue de s’occuper d’actualité, avec un oeil attentif sur les enjeux écologiques et les droits des femmes.

RelatedArticles

#Kollekthon
Opinion

#Kollekthon : l’émission spéciale de soutien aux caisses de grève !

17 février 2020
Bolivie Lithium
Écologie

Bolivie : le lithium contre Morales et la souveraineté des Indios

13 février 2020
Jadot
Écologie

JADOT : ECOLO , MAIS PAS TROP

11 février 2020
Chili manifestations
Économie

J’ai essayé la démocratie chilienne (pour faire plaisir à Macron)

2 février 2020
Légion d'honneur
France

La République du copinage

6 janvier 2020
matzneff
France

La chasse aux prédateurs est ouverte

31 décembre 2019
Next Post
La République inaltérable pod cast

Aie confiance, crois en moi

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

I agree to the Terms & Conditions and Privacy Policy.

PODCAST

S'inscrire à la newsletter

* = Champ requis
  • Culture
  • Écologie
  • Économie
  • France
  • Politique

© 2016-19 / Le Monde Moderne / mentions légales / ISSN 2646-2109

No Result
View All Result
  • Culture
  • Écologie
  • Économie
  • France
  • Politique

© 2016-19 / Le Monde Moderne / mentions légales / ISSN 2646-2109

This website uses cookies. By continuing to use this website you are giving consent to cookies being used. Visit our Privacy and Cookie Policy.