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L’argent est ailleurs

par Yann Le Floch
11 août 2019
dans Économie, Opinion
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Chronique estivale d’une autre pensée financière.

La période estivale est en cours, nous voilà donc pour beaucoup dans les méandres et plaisirs des congés payés et des congés non payés. Et nous nous éloignons pendant un certain temps, de la madeleine de Proust qui guide souvent notre vie d’adulte ou d’adulescent, à la mer, à la montagne, à la campagne, ou dans le calme estival de la ville, notre madeleine, votre madeleine : l’argent.  

L’argent, désolé de vous rappeler à lui, à sa valeur comme à sa non-valeur, et sa saveur, parfois doucereuse, et parfois amère.

Quoi de mieux que de réfléchir et de se laisser emporter à des réflexions sur cette ambiguë lumière qui nous guide pendant l’année, pour assurer notre vie, celle de nos enfants ou de nos proches, à un moment où le labeur du travail, ou de sa recherche, semblent l’espace d’un instant, un peu loin.

Sa quête est devenue progressivement indispensable à la construction de nos vies dans les sociétés modernes, voir post modernes. Sans argent point de salut, ou très difficilement, salut à toi Christian qui parcourt les rues de Paris sans un sous, après avoir connu les fastes de l’hôtel Drouot, et les soirées parisiennes avec Johnny, Gainsbourg, ou Aznavour. Oui, les vacances de l’argent ne doivent pas durer trop longtemps, en évitant d’ailleurs les congés imposés de la vie, comme le chômage, la maladie, ou la mort.

L’argent fait et défait les individus, les humains du progrès et du non-progrès, mais il commence quelque part son histoire dans la vie économique, notre vie, dans les banques centrales. Point ici de cours de création monétaire, même succinct, juste pour rappeler par exemple que depuis la crise de 2008, qui aura pu modifier sociologiquement notre rapport à l’argent en Occident, la quantité d’euros en circulation a grosso modo doublé, +100% en somme, tandis qu’en France la richesse mesurée par le PIB augmentait d’environ +15%, et que la population des habitants augmentait de l’ordre de +8%.  

L’argent n’étant que le moyen permettant d’échanger et de valoriser les richesses, mais se trouvant toutefois quelque part sur un compte en banque, nous pouvons parfois avoir quelques difficultés à comprendre où passe l’argent. Serait-il un gaz qui contribue au réchauffement climatique comme le CO2 et qui s’évaporeraient dans l’atmosphère par une porosité des systèmes de paiement, tout ceci peut sembler mystérieux.

Nous comprenons que l’argent créé est passé quelque part. La réponse est simple, comme nous le rappelait brillamment Anice Lajnef dans son article du 20 Juin dans le Monde Moderne : tout se passe dans la valorisation des actifs financiers, dans les marchés financiers donc. Le libéralisme des années 70 et de l’école de Chicago de Milton Friedman, nous promettait un système inclusif de la liberté et la démocratie, nous récoltons un système exclusif de la liberté du capital argent financier, et assez peu de la liberté du capital argent économique ou du capital argent travail, et peut être encore moins de la liberté démocratique.

L’argent nourrit le marché financier donc, la liberté en somme nous dit-on. Il convient de faire référence à une analyse exposée dans un cours officiel de la Harvard Business School en 2019 : « Friedman et ses collègues ont fait un ensemble d’hypothèses qui auraient pu être vrai dans les années 50 mais qui semble presque comiquement irréaliste aujourd’hui. Les marchés requièrent une surveillance par un adulte ». 

Harvard, pour autant auréolée de son légendaire « Veritas », nous parle donc du libéralisme comme de quelque chose aujourd’hui de « comiquement irréaliste ». Il fallait oser, mais « qui ose gagne », une des maximes de certains parachutistes français de la France libre au moment du débarquement, une devise empruntée à nos amis anglais.

Alors osons, où est l’argent, dans une économie française, où certaines analyses considèrent selon un certain prisme de vue que 50% du PIB dépend de l’État, 25% du CAC 40, et le reste d’une myriade de petites entreprises rarement totalement indépendantes d’ailleurs des deux grosses para entités cités précédemment. Il n’y aurait plus d’argent ni pour l’état qui réduit ses coûts, ni pour le CAC 40 qui supprime beaucoup d’emplois bruts, et pense à réduire ses coûts et augmenter ses revenus. Amusez-vous à taper le « nom » de n’importe quelle entreprise du CAC 40 + « suppression d’emplois » dans Google, c’est instructif.

Le CAC 40 a de l’argent en effet, et des bénéfices qu’il est nécessaire de saluer, pour la qualité du travail national et international, réalisé par ses managers et ses employés. Mais où part cet argent, qui dirige réellement le CAC 40. Pour résumer : les actionnaires, un PDG du CAC 40 et le comité de gouvernance (board) nommé par les actionnaires, a aujourd’hui un grand pouvoir d’exécution et de destruction, mais assez peu de construction au-delà de l’ordonnance prescrite par les actionnaires. Notamment les principaux. Par exemple le principal actionnaire du CAC 40, le plus puissant, est Blackrock, un gestionnaire de fonds américain. BNP Paribas, Société Générale, Axa, Total, Vinci, Saint Gobain, Sanofi, Accor, Michelin, par exemple, qui sont historiquement des moteurs de l’économie française, ont pour actionnaire principal en influence, et meneur des décisions à ordonner au PDG et équipes dirigeantes, Blackrock. Vous vous souviendrez du Dimanche de Mai 2017 où un nouveau président de la République gouvernerait désormais la République Française, le Mercredi suivant ce dernier accueillera, en personne, le PDG de Blackrock, Larry Fink, au palais de l’Elysée. Et l’argent ne se volatilise pas, mais la transpiration des employés et cadres du CAC 40 s’envolera ainsi avec plus de légèreté vers d’autres cieux, que la France.

De la même manière, l’État français est en faillite, sans argent, sous le poids d’une dette de l’ordre de 100% de son PIB, et se doit de réduire ses coûts, pour démontrer sa bonne gestion. Non pas à dire qu’il n’y a pas manière à mieux gérer, loin de là, mais rappelons-nous que Michel Rocard soulignait sur Europe 1 en Décembre 2012, ou Monsieur Valéry Giscard d’Estaing sur Canal + en Novembre 2011, que de l’ordre de 80% de la dette de la France provenait de paiement d’intérêts – une soulte financière d’un temps nouveau – aux marchés financiers, dont PIMCO, le gérant américain, géant de la dette des états. Il ne s’agit ici pas de rentrer dans des débats techniques qui nécessiteraient des décodeurs de la désintox, à croire que l’information est encodée ou intoxiquée, par qui ou quoi, on ne saura pas, peut-être par un ancien premier ministre et un ancien président de la république de la nation française nous dira-t-on, qui sous leur règne était gouverneur et gouvernant d’ailleurs. Le fait est que de manière directe, ou indirecte via les grandes institutions financières françaises, l’argent s’envole ailleurs.

Enfin pour arriver au 25% de PIB des petites et moyennes entreprises, ou particuliers, je me ferai le plaisir de partager un écho de marché, venant directement d’indiscrétion du Grand-Duché, dans un salon mondain, et confirmé honteusement par des réseaux européens & bruxellois, sur le club des grandes fortunes affiliées luxembourgeoises en Europe et dans le monde. Un club qui pour en faire partie nécessite de posséder 600 millions de dollars d’actifs minimum. 15 000 membres environ dans ce club très fermé, soit le PIB des États Unis qui est fraîchement conservé dans ces terres champêtres, même si la linéarité entre PIB et actifs n’est pas exact dans une économie très endettée, qu’importe. Les grands clubs français de réflexion apparaissent dès lors presque sans pouvoir financier, sans pouvoir peut être. Voilà entre autres aussi où est l’argent. On entend même dire à la capitale que certaines crêperies qui embauchent parait-il de l’autre côté de la rue, ont leur holding au Luxembourg, pour payer 15% d’impôts, plutôt que plus, orchestrés par de grands cabinets fiscalistes.

Voyez donc dans cette analyse comme un smoothie imparfait d’éléments venus de l’expérience financière, et de réseaux, qui ne prêche pas une vérité, mais vous invite à la réflexion, à faire vos propres recherches, vos propres analyses, votre propre opinion. Cette chronique ne se voulant pas être le prêche littéral d’un curé ou d’un évêque d’une religion contemporaine, soyez libre de penser donc. L’argent est de moins en moins celle du chômeur, du travailleur, du cadre, ou du petit bourgeois libéral, ou cadre dirigeant possédant quelques millions. L’argent est bien souvent ailleurs.     

Ce qui pourrait nous sauver dans ce dédale d’argent qui coule librement, dans un marché financier libre, libre de nous, de vous, des citoyens en somme, ce serait la République, la démocratie et une volonté politique. De ce point de vue, malheureusement, avant même que rumeurs des réseaux financiers, deviennent rumeurs sur twitter, et donc parfois fakenews de manière officielle, vous apprenez dans ces écosystèmes que certains de nos gouvernants, gouverneurs peut être, peuvent être payés par des puissances privés ou étrangères, ou peuvent recevoir de l’argent de mafias parfois dans des circonstances spécifiques. Rien de nouveau cela dit. Est-il pour autant illusoire de croire que la république de la morale pourra un jour gouverner un peuple libre, compte tenu des compromissions que nécessitent les réseaux de pouvoir ? Beaucoup de scandales politiques, ne sont le fait que de règlements de compte à dessein, plutôt que d’une volonté réelle de défendre des principes moraux qui se voudraient cristallins.

Pour voir émerger, un monde où certains équilibres de l’argent pourraient réapparaitre, il serait nécessaire de faire preuve d’une force de résistance, probablement imparfaite, à chaque niveau de nos responsabilités qu’elles soient grandes ou petites. A la manière, de ces courageux français et françaises, qui dans leur diversité, et leurs excès, parfois pardonnables, parfois moins, mais toujours animés d’un juste esprit de justice, ont éveillé la France, fille ainée de l’église, et mère des idées des lumières, pour tenter d’exprimer un sentiment, vécu dans leur chair, d’un besoin de retours à certains équilibres. Les nouvelles technologies permettant d’ailleurs d’envisager la création de nouveaux modèles macro-économiques démocratiques et plus équilibrés, sur la base des économies programmables, parfois loin des fondamentaux de sciences politiques du 19 ème et 20 ème siècle d’ailleurs.

Nous fêtons actuellement les 50 ans de l’homme sur la Lune. Ce rêve de progrès a émerveillé en temps réel ou en différé, votre jeunesse, votre adolescence, ou votre vie à la pleine force de l’âge. Oui, il y a 50 ans, l’humanité a décroché la Lune, et sa lumière argentée, et a peut-être ramené sur Terre, de par la même, cette volonté de la décrocher encore un peu plus. Naît alors peut-être, dans les années 70, une poésie, une recherche effrénée de sa couleur et de son éclat, au travers d’un libéralisme de plus en plus marqué, qui nous habite, nous hommes et femmes. Parfois par noble nécessité, parfois par confort, parfois par avarice, l’humanité a voulu décrocher aussi sa lune argentée, et son argent symbolique. Toute l’humanité a voulu décrocher sa Lune, à en perdre peut-être la raison, car en décrochant la Lune, nous avons peut-être décroché la Terre, dans son équilibre modeste interne et avec le reste de l’univers, qui se rapproche toujours un peu plus vers les cheveux d’Or et les feux du Soleil. 

Chers estivants, profitez de la caresse des lumières, du Soleil d’été, ou de nos philosophies historiques, mais rappelez-vous que la liberté à laquelle nos pères et mères aspiraient étaient celle de l’Homme, de l’humain, de l’humanité, et pas celle de l’argent, du commerce, de la lumière des métaux. Entre L’or du Soleil et l’argent de la Lune, se trouve parfois l’absolu, où l’homme se croirait déifié alors que du premier au dernier, nous resterons toujours mortel, à midi comme à minuit à croire à notre bonne étoile.

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Yann Le Floch

Yann Le Floch

Yann Le Floch est banquier d’affaires hétérodoxe, développeur de produits financiers et de business dans l’écosystème Blockchain. Il a travaillé pour la banque d’affaire de BNP Paribas pendant plus de 10 ans, en salle de marché dérivées actions, en restructuration d’entreprises, en stratégie & consulting, et dans le Blockchain Lab. Il évolue aujourd’hui pour une boutique financière dans la token économie, en conseillant et finançant les startups du secteur, et collaborant avec des grandes entreprises (banques, fonds, industries) et gouvernements (Europe, Asie, Venezuela). Par ailleurs, il milite depuis plus de 10 ans pour le développement de l’économie programmable et des smart money pour créer de nouveaux modèles macroéconomiques à des fins sociétaux, démocratiques et environnementales. Yann est ancien élève du Lycée Louis Le Grand et ingénieur des Mines de Paris, certifié Blockchain du MIT.

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