“Les usines ferment leurs portes, les machines tournent au ralenti. Les ateliers se vident. La classe ouvrière est condamnée au chômage et le peuple connaît la misère.
C’est que les richesses, fruit du travail accumulé de nombreuses générations sont devenues la propriété d’une minorité parasite qui les exploite à son seul profit.
Les ouvriers n’ont pas la possibilité de se procurer les marchandises qu’ils fabriquent.
Les paysans ne peuvent obtenir en échange de leurs produits aux prix avilis, les objets manufacturés et les machines que les groupements capitalistes leur imposent au prix fort.
Obligation de produire, interdiction de consommer, de cette contradiction résultent la crise, le chômage et la misère généralisée.
Oui, les responsables de la crise et des souffrances qu’elle provoque, sont ces « 200 familles qui dominent l’économie et la politique » de la France.
(…)
Le peuple de France répugne à l’esclavage et à la servitude à la discipline du troupeau soumis à la dictature d’un seul qui parle au nom des maîtres capitalistes.
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Dans l’immédiat nous voulons que les riches paient afin de soulager la misère des pauvres, de donner du travail et du pain aux chômeurs, de rajuster las salaires ouvriers, de rétablir les traitements et indemnités des petits fonctionnaires, les retraites des anciens serviteurs de l’État, les pensions des anciens combattants et des victimes de la guerre, afin de venir en aide aux artisans, aux petits commerçants et d’assurer la revalorisation des produits agricoles.
(…)
Le parti communiste propose un prélèvement extraordinaire et progressif sur les grosses fortunes au-dessus de 500.000 francs, soit :
– 3 % de 500 000 à 1 million de francs
– 5 % de 1 a 2 millions
– 7 % de ’2 à 5 millions
– 9 % de 5 a 10 millions
– 12 % de 10 à 20 millions
– 16 % de 20 à 50 millions
– et 20 % au-dessus de 50 millions de francs.
Cette mesure parfaitement réalisable proposée autrefois par M. Louis Marin, n’a pu être jusqu’alors l’objet d’aucune réfutation sérieuse. Le président Doumergue l’avait trouvée trop modeste. En effet ce n’est pas une mesure révolutionnaire qui vise à l’expropriation. Les possédants ne seraient pas mis sur la paille, parce qu’un peu de leur superflu serait attribué aux malheureux. Le peuple de France peut et doit faire payer les riches. Dans ce but comme pour défendre la liberté et la paix, le peuple doit être uni.”
Maurice Thorez, 17 avril 1936
“Pour une France libre, forte et heureuse” discours prononcé au micro de Radio Paris.






