La pauvreté est un choix politique

Dans le film «Moi, Daniel Blake», Ken Loach dénonçait le système pervers de crédit universel, qui maintient les plus pauvres dans une précarité et une angoisse du quotidien sans remédier aux causes de la paupérisation.

Le Royaume-Uni est un exemple parlant de ce qu’entend le président Emmanuel Macron par «progressisme». Sous couvert de politiques libérales destinées à «libérer» le pays de ses archaïsmes (entendre solidarité, aides sociales, impôts), les gouvernements progressistes ont choisi de mener une véritable guerre contre les pauvres. Non pas contre les causes de la pauvreté, mais bien contre les pauvres, perçus comme les seuls responsables de leur situation.

Ainsi, dans la tête de ces radicalisés de la pensée de Chicago, ce que l’État investit dans les personnes coûte un «pognon de dingue» et ne fonctionne pas. L’État-providence disparaît au profit d’une plateforme de gestion numérique, qui ne fait que renforcer l’exclusion d’une partie croissante de la population, en rendant les services d’aide sociale inaccessibles, incompréhensibles ou punitifs.

«Dans le domaine des politiques liées à la pauvreté, les faits montrent que l’élément moteur n’a pas été d’ordre économique, mais qu’il s’agit plutôt d’un engagement en faveur d’une réorganisation sociale radicale».

«La compassion pour ceux qui souffrent a été remplacée par une approche punitive, mesquine et souvent impitoyable, apparemment conçue pour inculquer la discipline là où elle est le moins utile, pour imposer un ordre rigide dans la vie de ceux qui sont le moins capables de faire face au monde d’aujourd’hui».

En résultent des politiques antisociales de paupérisation, un choix volontaire de creuser les inégalités et de punir ceux qui se retrouvent en situation de précarité.

Le rapport de l’envoyé de l’ONU, Philip Alston, sur l’extrême pauvreté et les droits humains en Grande-Bretagne est alarmant :

Le rapport conclut sans équivoque que la pauvreté est un choix politique. L’austérité aurait pu facilement épargner les plus pauvres, si la volonté politique avait existé pour une telle politique.

Cet exemple britannique est parlant et révélateur de la pensée à l’oeuvre aujourd’hui dans les États européens, où les responsables politiques, incapables de protéger les acquis sociaux de l’État-providence, ont choisi de céder aux lobbies de l’argent dans le seul but de créer de nouveaux marchés de la dette : éducation, santé, vieillesse.

Ne nous trompons pas, le mouvement des gilets jaunes, dans sa diversité et sa disparité, est bien l’expression du refus de ce monde d’inégalités et de précarité promis par le progressisme politique, qui partout, a abandonné les classes moyennes et a fait la chasse aux plus pauvres.

Nous avons traduit en français le texte du rapport de l’ONU disponible ici. 

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