A VOS SOUHAITS, MONSIEUR LE PRÉSIDENT.

Opinion d'Alexis Poulin

Dimanche soir, nous avons assisté aux traditionnels voeux de bonne année du Président de la République. Une fois encore, Emmanuel Macron a fait du vieux avec du neuf, tentant de re-présidentialiser sa fonction après avoir pris le temps de répondre à l’appel téléphonique  de joyeux anniversaire de Cyril Hanouna.

L’allocution avait pour but de corriger toutes les fautes de communication  commises au cours de cette année, de rassurer les français, « son peuple », sur le fait qu’il n’est pas le président des riches et qu’il n’a rien d’un monarque élu. Les derniers de cordée étaient aussi de la fête, puisque le président leur dédia une pensée – faute de lois.

Après un déroulé de la feuille de route de LREM en expliquant tout le bienfait qu’elle est censée apporter à tous, dans 5 ans, pas tout de suite évidemment, dans un audacieux copié-collé d’un discours des universités d’été du Medef. Et surtout, annoncer en fanfare  le plan d’attaque européen en vue de 2019 et des élections européennes où son parti tentera une OPA, après avoir négocier les alliances avec d’autres partis de la social démocratie en Europe.

Mais l’audience fut décevante, tant déjà après 6 mois, les français ont pris l’habitude de la langue de vent du Président.

Les quelques mois de sa présidence ont montré une constante: la schizophrénie de l’exécutif, qui aime à discourir sur le nouveau monde qui vient et en même temps applique dans les faits une politique libérale de creusement des inégalités, une politique de sécurité musclée et une rigueur budgétaire très vieille école.

Il faut voir comment la loi de finance est passée sans un accroc, tandis que le Président glissait allègrement sur les pistes enneigées. Pour rappel, le Conseil constitutionnel a validé jeudi dans les grandes lignes les mesures contestées comme la refonte de l’impôt sur la fortune, la réforme de la taxe d’habitation, la réduction des aides au logement (APL) et l’instauration d’une “flat tax” sur les revenus du capital.

Il y a de la facilité chez en Marche, qui ne s’attaque pas aux problèmes épineux et insolubles de la précarité, de la pauvreté et qui préfère satisfaire l’appétit libéral de sa base, si facile à contenter. Au delà d’une conjoncture favorable, la politique actuelle est réservée aux gagnants, et reste sourde aux appels des ONG et de l’opposition. Pire, faire preuve d’esprit critique, constructif, est vu comme du cynisme et la marque d’un esprit chagrin, ce dont le nouveau monde a horreur.

Les masques tombent, En Marche se révèle comme le parti d’une nouvelle droite décomplexée, qui fait rêvé les anciens cadres du PS en mal de reconnaissance et de reconversion. Laissez les premiers de cordée courir sur la corniche, il nous emmèneront plus vite dans la vallée.

C’est aux plus pauvres que d’abord on s’attaque, faisant une priorité de la lutte contre l’immigration, du contrôle des chômeurs. Tous les profiteurs de la République doivent comprendre qui est le nouveau patron. La démagogie et le populisme sont utilisés pour qualifier les opposants, alors même que le gouvernement met en place des premières mesures démagogiques et populistes. Pour les technocrates au pouvoir, la France des périphéries est un danger électoral, pas une priorité politique.

Les promesses de parité non tenues, les promesses de faire autrement et d’oublier le monde d’hier, non tenues elles aussi, sont les marques bien caractéristiques d’une fin de campagne présidentielle.

Pour la majorité, comme pour Emmanuel Macron, c’est en 2018 que le travail commence.

Souhaitons-leur une Bonne année!

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