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feu de gironde

Feu de Gironde, Tout Le Monde Ment

Alexis Poulin par Alexis Poulin
29 juillet 2026
dans France, Politique
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27 juillet 2026

Depuis le 22 juillet, la Gironde est partie en feux. Soyons alors clairs sur ce premier point : des températures élevées ; des forêts étendues de pinèdes (une essence très inflammable), et des vents aussi élevés que tournants n’ont clairement pas favorisé le traitement par la Sécurité Civile de cet évènement dramatique.

Néanmoins, commençons par rappeler cette évidence : l’explication tentée de cette catastrophe par la survenue d’un « méga-feu inédit » n’est pas recevable. Car l’importance de cet incendie, on le verra plus loin en détails, est un effet et non pas une cause. Ici, c’est la logique élémentaire des choses : on ne peut pas se prévaloir d’une conséquence pour tenter, rétrospectivement, de construire l’air de rien une cause imaginaire.

Avant de parler des milles mesures d’adaptation pour le futur et après avoir saluer le courage des pompiers et la solidarité des Français dans une situation critique, revenons sur les responsabilités d’une telle catastrophe. Au présent.

Sur cet incendie, le discours des représentants des Pouvoirs Publics (Président ; Gouvernement, Préfecture ; Directions Sécurité Civile, Pompiers, Gendarmerie) a consisté à soutenir que les moyens de lutte anti-incendie de la France avaient bien été disponibles ; massivement et rapidement déployés ; à l’image de la mobilisation de l’État, qui a été déclarée sur toutes les antennes comme étant sans faille.

Les données élémentaires de l’incendie de la Gironde ne permettent pas de soutenir cette vision des choses. Plus précisément, elles permettent de soutenir la vision exactement contraire.

Voici en effet l’évolution des surfaces brulées en Gironde au cours du temps :

Note : sources VIRS & Nasa. Cette courbe des surfaces brûlées s’arrête à 42000 hectares car, curieusement ensuite, aucune publication des Pouvoirs Publics n’a communiqué leur arrêté traçable. Il a été ensuite partout prétendu que cet incendie s’était arrêté à 42000 hectares : c’est absolument impossible compte tenu de son l’inertie. Par contraste, notons à ce sujet que les moyens satellites de l’État lui permettent de mesurer et de certifier n’importe laquelle des surfaces au m2 près.

Qu’est-ce que cette courbe énonce sans ambiguïté possible ? 

  1. L’incendie de la Gironde s’est développé comme un phénomène physico-mathématique typique d’une courbe exponentielle, où chaque jour double (et plus) les surfaces brûlées : nous avons assisté à un fait presque purement mathématique.
  2. Ce qui a cette signification précise : l’incendie s’est développé sans frein. Alors quoi qu’on dise, l’action humaine a été à son égard inutile et-ou inefficace. Cela ne signifie pas que, ponctuellement et localement, les Pompiers n’ont pas pu sauver la maison de Martine ; l’usine de Gérard ; ou la bergerie de Sylvain – bien entendu, et il faut les en remercier. Néanmoins, à l’échelle de l’évènement, tout cela n’a eu aucun effet significatif.
  3. Quoi qu’on ait dit et dira encore, sur la base de cette seule courbe, on peut conclure que, en réalité, la Direction Générale des Pompiers, à laquelle les pompiers de terrain sont asservis, se sont contentés d’accompagner la progression de l’incendie. Sans lui opposer, et-ou pouvoir lui opposer, la moindre résistance significative. Le feu n’a pas été combattu, il a été laisser-faire. Sinon, cette courbe n’aurait pas la forme quasi-pure d’une exponentielle mathématique.
  4. Dans ce cadre, prétendre que les « évacuations se sont bien passées, sans victime, etc. » ; est un autre argument de façade : avec les moyens techniques actuels (satellites, météo, etc.), lorsqu’on accompagne un incendie, il est en fait enfantin de déterminer qui, quand, et où des gens doivent être évacués. Donc, ce qui a été présenté comme un exploit dans les médias, n’a été que l’effet d’une gestion en réalité tranquille de la catastrophe girondine.

Les arguments superficiels qu’on voudrait opposer à la réalité qui vient d’être décrite sont vains, et sous trois rapports au moins. Ici, nous irons à l’essentiel :

  1. D’abord, le discours qu’on a vu se développer abondamment sur un feu assuré « convectif » produisant des « pyrocumulus » et « pyrocumulonimbus », c’est-à-dire sa propre dynamique d’inflammation. Ce qui est exact, mais qui n’est qu’une manière dire avec beaucoup de chichi : c’est un très gros feu. Pour information en effet de ceux qui l’ignorent, – les éclairs en moins pour des raisons de volume -, un feu convectif est un phénomène physique banal. Ce que chacun peut d’ailleurs constater dans une cheminée brûlant à vive allure un bon vieux tas de chêne bien sec. Ici, donc, le discours « scientifique » n’a servi qu’un but : flouter la négligence des Pouvoirs Publics moyennant des allégations techniques, qui ont été défensives au fond des choses : « si c’est si spécial, comme toutes les premières fois, on est forcément un peu démunis. »
  2. Ensuite, au moment où le feu de la Gironde a explosé, passant d’environ de 0 à 2000 hectares en J1, à 15000 hectares en J2, les Pouvoirs Publics ont eu 24 longues heures pour constater la catastrophe en cours de réalisation et donc, se décider, toutes affaires cessantes, à déclencher une opération d’urgence. Mais rien, absolument rien n’a été fait.

Il faut avoir à l’esprit que 15000 hectares représentent un carré de 15 x 10 kilomètres. Quoi que, en termes réels, la situation ne peut pas se penser ainsi car l’incendie de la Gironde a eu une forme irrégulière et changeante (cf. vents tournants, reprises feux, etc.) ; si le terrain local des pinèdes est relativement plat, il présente néanmoins de nombreux accidents, et sans être toujours absolument accessible, etc.

Bref, 15 x 10 kilomètres permet simplement de fixer un ordre de grandeur, qui donne ce périmètre de l’incendie au Jour 2 et dans tous les cas de figures géométriques : 50 kilomètres linéaires (15+15 +10+10).

Ce qui peut être rapproché de ceci : sur Lci le 28 juillet en fin de soirée, M. Bruno Lafon, Maire de Biganos en Gironde a déclaré que, à son échelle, ses forestiers et agriculteurs venaient de réaliser, sur 100 mètres de large, 25 kilomètres de pare-feu (une trouée forestière faite au raz de la terre, isolant la forêt du feu). Et puis 50 kilomètres supplémentaires le lendemain. Soit un total de 75 kilomètres linéaires de pare-feu communaux. 75 kilomètres que ses agriculteurs se préparaient d’ailleurs à inonder d’eau pour s’assurer du caractère infranchissable par le feu de cette barrière, réalisée sans moyens professionnels de niveau étatique, nationaux ou régionaux.

Cela signifie, pour faire court, qu’au soir, ou bien au lendemain, du J2 de l’incendie, si les Pouvoirs Publics avaient procédé ainsi partout en Gironde, y compris moyennant des concours locaux non étatiques, et bien le périmètre à ce moment de cet incendie (5=à km) aurait pu être plus que circonscrit et isolé – y compris par le Génie Militaire, qui est disponible dans la région.

Ce fait élémentaire a par ailleurs été confirmé sur la terminaison de la presqu’île du Cap-Ferret, à la proximité immédiate du départ de l’incendie de la Gironde. Cette fois, ce sont de simples particuliers qui, résolus à se battre plutôt que laisser-faire l’incendie, sont parvenus en 48 heures à isoler et sauvegarder l’extrémité de la presqu’île quoiqu’il arrive, en la sectionnant d’un pare-feu improvisé de part en part, de la lagune à la mer. Le tout, donc, également réalisé par des non-professionnels, avec des moyens autant non-professionnels, et sur leurs fonds propres pour couronner le tout.

Enfin, la réalité de la négligence des Pouvoirs Publics a été une troisième fois confirmée le 26 juillet 2026 par une vidéo du journal Sud-Ouest où M. Michel Bazin, Président d’une commission locale sécurité des forêts (FNEDT), et spécialisée depuis longtemps dans la création de ces pares-feux, déclare que 3 à 6 jours durant, une éternité à l’échelle de cette catastrophe -, personne ne leur a rien demandé – « On a été oublié ; alors ensuite on a couru après le feu », déclare-t-il.

• N’importe laquelle des enquêtes sérieuses montrera que, dans l’incendie de la Gironde, la négligence des Directions de l’État, dans toutes ses composantes opérationnelles, a été omniprésente et permanente, jusqu’au jour du constat de la catastrophe, 42000 hectares brûlés – au moins.

• Au J2, l’incendie de la Gironde aurait dû être contenu, et au J3 au maximum. Ceci permettant d’échapper à l’évacuation de 200 000 personnes au moins. Aggravée par tous les dégâts matériels d’un incendie qu’on a laissés faire, soit des milliards d’euros d’actifs partis en fumée, et des milliers de familles traumatisées pour des années.

3. Enfin, notons ce fait extra-ordinaire : le fait est connu, les avions Canadairs et Dash sont des outils essentiels pour stopper et contenir des incendies d’importance, par les 6 à 10 tonnes d’eau et produit retardant qu’ils peuvent larguer à chaque rotation – jusqu’à 18 par heure pour un couple de Canadairs. Soit environ 1 toute les 5 minutes, si l’eau est à proximité immédiate. Ce qui est le cas en Gironde, et ce qui est : énorme.

On a partout assuré que ces appareils ne peuvent pas voler de nuit. Ceci limitant leur étendue d’action de 06 h à 18 h, soit 50% de la journée ; les autorités et les médias n’ont cessé de le répéter. Mais c’est simplement faux.

Pour qu’un Canadair vole de nuit, il suffit que ses pilotes soient équipés de lunettes de vision nocturne et formés au vol dans ces conditions. Des lunettes de vision nocturne qui aujourd’hui ne valent plus rien. Elles se trouvent à moins de 100 euros/pièce sur la plateforme TEMU pour des modèles de base, – vérifiez -, et autour de 1000 euros/pièce environ pour des modèles professionnels et/ou Militaire sophistiqués, domaine dont cette technologie est issue : on y voit ensuite « comme en plein jour ». D’ailleurs, ce dispositif est si banal qu’il est standard en étant toujours plus performant chez les pilotes d’hélicoptères de combat, et depuis environ quatre décennies.

Alors, à propos de notre flotte de « 67 vecteurs aériens » anti-feux disponibles (avions, hélicoptères, etc.), selon le Ministre de l’Intérieur M. Laurent Nunez (déclaration télévisée du 26 juillet 2026), la question élémentaire qui se pose est la suivante :

« Qui a été incapable de dépenser 70 000 euros en vision nocturne ? 100 000 euros en prévoyant de la casse (et de déclencher les formations vol de nuit ad hoc) ? »

Et ce qui, aussi, se compare à la valeur de cette flotte d’avions, plusieurs centaines de millions d’euros, mais rendue inutilisable 50% du temps du fait de cette incurie extraordinaire.

Encore une fois, qui empêche, retarde ou refuse des décisions simples et stratégiques de ce type ?

La gravité de ce qui s’est produit en Gironde va beaucoup plus loin que les données qui viennent d’être rappelés.

Voici en effet ce qui s’est produit lors de l’incendie de Fontainebleau et de celui du département du Var (Gros Bessillon), toujours en cours à la date de présentes :

Alors que les contextes de ces incendies sont très différents de celui de la Gironde (essences d’arbres ; reliefs complexes ; eau moins facilement accessible ; contexte urbanisé ou bien très sauvage dans le Var ; etc.), n’importe lequel des esprits réalistes et rationnels voyant ces graphiques conclut que :

• Dans ces deux cas, les incendies ont subitement explosé de 0 à 2000 hectares environ. Ce qui peut correspondre à un délai minimal d’intervention dans des contextes difficiles (cf. surprise ; accessibilité des lieux en montagnes pour le Var ; absence de moyens en Région parisienne, etc.),

• Mais la terminaison de l’incendie ou son coup d’arrêt sont intervenus à 2000 hectares brûlés.

Alors que les contextes de ces incendies sont, encore une fois, très différents de celui de la Gironde (Essences d’arbres ; reliefs ; Accessibilité des lieux ; Eau facilement accessible ou non ; Urbanisation ou contexte sauvage dans le Var ; etc.), n’importe lequel des esprits réalistes et rationnels conclut qu’en Région Parisienne et dans le Var, les incendies ont été combattus.

Contrairement à la Gironde, et dans un secteur pourtant entouré d’eau.


Conclusion à cette date

Pour expliquer le fond de cette situation, on se perd en conjectures. Puisque, aussi, les Pouvoirs publics et les Directions et hiérarchies de leurs bras armés (Sécurité Civile ; Pompiers ; Gendarmerie ; Préfectures) ont constamment masqué la réalité des faits, aidés en cela par la plupart des grands médias dans leurs sillages, et qui ont largement relayé leur propos : Tout le monde ment.

Seule une enquête Judicaire et/ou Parlementaire pourrait expliquer ce qui s’est réellement passé en Gironde ; qui a été responsable de cette catastrophe, et à quel degré de responsabilité, y compris par négligence ou non-action.

En attendant, on peut simplement noter que l’incendie de Fontainebleau a eu lieu le 12 juillet 2026 ; celui du Var, le 21 juillet, – mais c’est une région habituée et très entraînée aux feux -, et que la catastrophe de la Gironde a, pour sa part, démarré le 22 juillet 2026. Tout ceci alors que les moyens d’action de Puissance anti-feux sont en France organisés et pilotés au plus haut niveau national. Et qu’il est, par ailleurs, de notoriété publique que la plupart des cadres parisiens prennent leurs congés annuels à partir du 15 juillet, jusqu’au 15 août environ.

Dit autrement, il n’est pas impossible que la cause première de la catastrophe Girondine, son contexte décisif au moins, ait été en réalité des dirigeants-clés français tout simplement partis ou sur le départ en vacances, mais sans adjoints organisés et prêts à assumer la continuité effective de leurs charges.

Ce qui serait finalement gravissime sous ce rapport précis : en 2026 en France, si une catastrophe vient à frapper ce pays à un moment inopportun du planning personnel de ses dirigeants étatiques clés, la France et les français ne peuvent tout simplement compter sur : plus personne.

Quant à l’autre hypothèse, elle serait beaucoup plus sombre : tout le monde était à son poste ou revenu, mais la malveillance du laisser-faire l’incendie de la Gironde a été, au minimum, concédée.

Une enquête Judicaire et une enquête Parlementaire doivent être déclenchées.

Pour information à toutes fins utiles, puisqu’il est probable que personne n’ira rendre publique les graphiques pourtant élémentaires que nous produisons ici, nous transmettons en courrier recommandé A/R cette note à M. Le Procureur de la République, à Paris, ainsi qu’aux principaux responsables des groupes politiques qui sont représentés aux Assemblées Nationales.

Alexis Poulin,

Le Monde Moderne.

Post-scriptum 

Pour ne rien changer à des discours distractifs à dessein, on pourra parler de « surprise » (un argument faible après l’incendie de Fontainebleau, et les feux massifs de 2022 en Gironde encore) ; on pourra parler de l’intérêt d’avoir des forêts d’essences plus diversifiées, moins inflammables, et de mieux débroussailler aussi; on pourra également parler de dérèglement climatique jusqu’à plus soif, et des cents adaptations urgentes requises pour la prochaine fois ; etc. : à la fin, tout cela n’a aucun rapport avec le fait élémentaire : la Gironde qu’on a laissé brûler.

Données complémentaires citées dans cette note ; copie faites :

x.com/catmarie1812/status/2081761831979307070?s=20

 ; témoignage M. Michel Bazin, FNEDT, à Sud-ouest.

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Alexis Poulin

Co-fondateur du Monde Moderne, entrepreneur dans le secteur des médias, Alexis a travaillé pour des ONG, des entreprises et des institutions publiques. Alexis est expert en affaires européennes et travaille entre Paris et Bruxelles. Alexis est régulièrement invité sur ARTE TV, France 24 TV, France Info, EuroNews et RCF radio.

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