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Hier une caténaire, aujourd’hui un guichet et demain c’est quoi ? Un train qui déraille ?

par Thomas Portes
9 juillet 2019
dans Opinion
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Hier une caténaire, aujourd’hui un guichet et demain c’est quoi ? Un train qui déraille ?

Pas un jour ne passe sans qu’un article de presse ne relate le délitement de la SNCF. Mais comment en est-on arrivé là ?

Je me souviens encore, avec émotion, des week-ends sur la Côte d’Azur, des déjeuners sur la promenade des anglais, après une nuit de repos dans le train couchette, bercé par les coups de sifflets du chef de gare. Que cette époque semble lointaine. Et, pourtant, c’était il y a à peine 15 ans !

Après des années d’attaques, menées aussi bien par la droite que par le PS, et cela malgré une résistance de tous les instants de la part des cheminot-e-s, la SNCF, ce joyau de notre patrimoine, est au bord de l’explosion. Si rien ne bouge, une catastrophe se profile. Pas d’alarmisme, mais une froide constatation. 

Certains semblent découvrir une réalité que nous, cheminot-e-s, nous évertuons à dénoncer, depuis de nombreuses années. Leur mémoire semble courte. Aussi, il convient de la rafraîchir.

Combien de fois avons-nous alerté sur les suppressions de postes aux guichets et les conséquences désastreuses pour les usagers ? Silence médiatique. Au mieux, on nous disait vous exagérerez, il faut vivre avec son temps. Au pire, on nous accusait d’instrumentalisation. 

Combien de fois avons-nous tiré le signal d’alarme sur le manque d’investissements et le risque de casse de certaines installations de sécurité ? Là aussi, silence radio des médias et des élu-e-s de la République.

Combien de fois avons-nous dénoncé le recours massif à la sous-traitance et son impact dramatique sur la sécurité des usagers et des circulations ? On nous jetait au visage que nous « coûtions» trop cher et que la sous-traitance était la norme. Une norme, oui, mais illégale compte tenu de nos capacités à faire en interne.

Et pourtant, il y a eu des alertes, terribles pour certaines d’entre elles. Comment ne pas penser à Brétigny, ce 7 juillet 2013, avec ses 7 morts et 69 blessé-e-s. J’étais à ce moment en poste à Saintes. Je m’en souviens comme si c’était hier. Quand un tel drame arrive, l’ensemble des cheminot-e-s le vivent dans la chaire. C’est pour ça qu’on parle de famille cheminote. Quelques années après, la plaie est toujours ouverte. Le rapport de l’accident, désormais public, est accablant : le manque de personnel et de moyens sont directement responsables de cette catastrophe. Et ce n’est pas faute d’avoir alerté !

Deux réformes en moins de 5 ans, dont la dernière, le pacte ferroviaire, et rien n’est réglé. Pire la situation se dégrade à grande vitesse. Nous sommes à un point de rupture.

Les guichets sont, aujourd’hui, le réceptacle de ce délitement. Deux heures d’attentes en gare de Lyon, une heure à Toulouse ou encore 45 minutes à Montparnasse… Cela ne doit rien au hasard. Pour dire vrai et c’est sans doute le pire, nous ne sommes même pas surpris. Ce sont les politiques menées depuis des décennies qui nous ont amené à la situation actuelle. Mais où étaient les médias quand nous dénoncions, en septembre 2018, un plan social de 1000 suppressions d’emplois aux guichets ? On attend encore la réponse à nos communiqués de presse. À l’heure des vacances, quand les usagers sont frappés directement, la colère monte, signe d’un individualisme forcené qui casse les solidarités.

Pas plus tard que vendredi, la presse s’est faite l’écho d’un incident en gare de La Souterraine, en Creuse. Arrivés avec un train en retard, vers 22H15, plus de 200 passagers se sont retrouvés livrés à eux même, dans une gare fermée où le bus assurant la correspondance pour Guéret était déjà parti. Là aussi, nous avions, dès le début de l’année, tenté d’attirer l’attention sur la suppression définitive des cheminot-e-s présents sur les quais et la fermeture de la gare à partir de 21h. Rien. Dure réalité que celle de reconnaître que, sans drame, personne ne bouge.

Et la caténaire qui a cédé en gare de Bordeaux ? C’est la troisième, depuis début juin ! Et les sous-stations qui flambent autour de la gare de Toulouse ? 3 sur 6 sont hors service ! Et le Perpignan Rungis ? Supprimé à la fin de la semaine !

Il serait ici trop long pour dérouler le fil des alertes émises par les cheminot-e-s. Mais pour chaque exemple récent de dysfonctionnement, nous pouvons, sans problème, ressortir un texte écrit quelques mois, voire années, en arrière, qui prend aujourd’hui l’allure d’une prophétie. Nous ne sommes pas devins, mais nous savons présager des désastres actuels, au regard des orientations politiques de l’entreprise.

En 4 ans, plus de 10 000 emplois de cheminot-e-s ont été supprimés, soit plus de 6 emplois par jour. Quelle autre entreprise a connu un tel sort ? Peut-être La Poste ou encore France Télecom. On connait le résultat, suicides et destruction du service public.

Oui, nous sommes sur un fil. Celui qui fait basculer du dysfonctionnement quotidien vers l’abîme de la casse irréversible. Il sera bientôt trop tard pour inverser le court des choses.

L’urgence de la situation exige une réactivité immédiate. Pas dans un an ou 6 mois, mais dès maintenant. Les solutions sont à portée de mains. Il faut, dans un premier temps, stopper toutes les fermetures de gares et de guichets. Un grand plan d’investissements dans la maintenance et la rénovation du réseau est nécessaire pour éviter la fermeture de milliers de kilomètres de lignes.

Et que l’on ne nous sorte pas : « il n’y a pas d’argent ». Le Groupe SNCF a généré plus de 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires, chaque année, depuis 2014, soit plus de 150 milliards d’euros, en 5 ans. Le Groupe public ferroviaire, à de son coté, bénéficié de plus d’un milliard d’euros de CICE, dont 200 millions pour la SNCF !

Guillaume Pepy a proposé un débat, au cas par cas, sur les petites lignes, pour examiner leur rapport coût/efficacité. Et si on créait un débat sur l’efficacité des hauts cadres dirigeants de l’entreprise ? Eux qui se sont augmenté de 40%, en 5 ans, avec une rémunération totale (pour les 10 plus élevés) de 3.577.732 millions d’euros en 2017, alors que les salaires des cheminots sont gelés, depuis 5 ans ! Il y aurait tant à dire.

Et que dire des deux dernières réformes du ferroviaire ? Leur simple mise en application engendre un coût d’un milliard d’euros, soit plus de 6 000 euros par cheminot-e. 

Comme solution miracle, on apprend, aujourd’hui, qu’Emmanuel Macron envisage de nommer, comme nouveau patron de la SNCF, Jean Castex, ancien secrétaire général de l’Élysée, sous Sarkozy. Il fut aussi son conseiller aux affaires sociales, chargé de la réforme des régimes spéciaux de retraites et de la loi sur le service minimum en cas de grève. Un sacré pédigrée ! En nommant un anti cheminot et anti service public, Jupiter entend porter le coup final au ferroviaire.

En face, la riposte se prépare. Partout sur le territoire, des luttes se mènent, des collectifs de défense de gares et de lignes se créent. Une veillée d’armes s’organise pour la défense du service public ferroviaire. Dès septembre, nous repartirons au combat. Un combat qui sera décisif et la mobilisation des usagers, aux cotés des cheminot-e-s, sera la condition impérative à la victoire.

Gares, trains, lignes… C’est notre patrimoine commun, garant d’une accessibilité au transport et amortisseur des inégalités sociales. N’acceptons ni son bradage, ni son dépeçage !

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Thomas Portes

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Responsable national du PCF en charge des questions ferroviaires, syndicaliste CGT Cheminot

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